Second, adjoint, vice-quelque chose, bras droit : peu importe le titre ou l’appellation. Dans des structures plus ou moins importantes, la fonction apparaît telle quelle, un emploi à part entière. Dans les entités plus petites, c'est souvent un collaborateur qui assure cette mission, en complément de ses tâches habituelles.
J'ai été l'un de ces seconds, et ce tout au long de ma carrière, comme lieutenant ou comme colonel expérimenté. Soit dans une pure et unique fonction de numéro 2, soit en étant à la fois l’adjoint du boss et le manager de ma propre équipe d’une soixantaine de personnes. J’ai aussi, comme patron, connu et travaillé avec des adjoints ou des seconds.
Je n’oublierai jamais, également, mon premier adjoint, un garçon expérimenté alors que je sortais juste d’école. Il m’a appris le métier.
Qu'ai-je bien pu retenir de ces années d'expérience ?
Le second : celui qui remplace
Sa première mission, c'est de remplacer son chef en cas d’absence. Il doit donc avoir parfaitement compris l'essence même de la volonté de son patron. Durant ces périodes d'intérim, il ne peut revenir sur les décisions du patron ni agir de manière radicalement différente. Et chacun sait qu’il n'est pas toujours facile de gommer sa propre personnalité pour se glisser dans le moule de la personnalité de quelqu'un d'autre.
Le second : celui à qui on délègue en permanence
L'adjoint, c'est également celui qui va bénéficier de délégations permanentes. D'emblée, le responsable va confier à son bras droit un certain nombre de missions que ce dernier va assurer sur le long terme : ce peut être les travaux et l’infrastructure, la sécurité, le suivi de la RSE, le recrutement hors des cadres,… On a déjà évoqué le principe de délégation dans une newsletter précédente.
Le second : le porte-parole
Premier des collaborateurs mais aussi le plus proche du boss, l’adjoint peut également se faire le porte-parole de l’ensemble de l’équipe. L'équipe hésitera moins à se confier informellement à lui plutôt que de demander un entretien formel avec le patron. Quel art délicat de faire passer des messages en s’appuyant sur une confiance réciproque, accordée d’emblée ou créée au fil du temps.
Le second : l’avocat du diable
Celle-ci est moins connue, peut-être moins pratiquée ? Je l’ai appliqué avec mes chefs successifs (parfois sans grand résultat) et je l’ai toujours favorisé de la part de mes propres adjoints. Il s’agit de l'avocat du diable ou du parler vrai. Votre second est par nature la personne la mieux à même pour entrer dans votre bureau, fermer la porte et vous dire en tête-à-tête « là, chef, tu es en train de faire une bêtise » ou « je ne pense pas que tu aies la bonne approche », propos qui doit générer une discussion franche mais féconde. Mais c’est aussi la personne sur laquelle vous allez pouvoir tester vos idées un peu iconoclastes, innovantes, originales avant de vous lancer plus loin dans leur conception et leur réalisation.
Ainsi, la première qualité d'un second est la loyauté. Il ne peut agir à l'encontre ou dans le dos de son patron. Il doit faire preuve de discipline intellectuelle, savoir défendre ses idées avant la prise de décision puis tout faire pour la réussite de la solution retenue, une fois la décision prise. Je vous renvoie la également à une de mes newsletters récentes.
N’oublions jamais les écrits du maréchal de Belle-Isle, donnant des conseils à son fils: Le régiment que le Roi vient de vous donner est un des meilleurs de l'Armée : son lieutenant-colonel est un militaire respectable par de longs et excellents services… Si l'on n'eût considéré que les services personnels, il eût mérité plus que vous d'être nommé colonel… Ayez donc pour votre lieutenant-colonel la déférence la plus grande, ne donnez aucun ordre sans le consulter… Si vous manquiez d'égards pour lui, vous deviendriez la victime de votre imprudence ; votre régiment, divisé, serait en proie aux partis et aux cabales.
Vous avez besoin d’un second. Vous devez vous appuyez sur votre second. Mais le boss, c’est vous !
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